Le blog d’Edonys
Le sémillant Jean-Michel Peyronnet ne lâche pas la bride. Responsable éditorial de la nouvelle (à venir) chaîne de télévision sur le vin, Edonys, il continue de clouer au pilori les iconoclastes qui se refusent à ce que l’on vante les mérites du vin et de son patrimoine (autant paysager que culturel) dans nos petites lucarnes.
Allez donc voir par là si j’y suis, parce que oui, j’y suis aussi.
Au revoir Anne !
« La terre est basse. Le ciel est souvent inaccessible. Seule la table est à la bonne hauteur ».
Voilà ce qu’aimait dire Anne Hudson, journaliste gourmande, décédée dimanche.
Lorsque je l’écoutais sur France Info, dans sa chronique « produit de saison », je montais le son ; j’aimais bien le timbre de sa voix, le rythme de ses phrases. Je l’ai croisée deux fois, dans des salons, sans jamais oser aller lui parler…
Et puis un jour, je me suis retrouvée avec elle, dans le même bureau – celui de Thierry Desseauve – grâce à qui j’ai pu la côtoyer. J’étais hyper fière !
Anne allait animer des émissions de radio sur le vin que la Team Bettane&Desseauve montait en partenariat avec LCI Radio : Buzz Vins.
Je fus promus sherpa de la Grande Dame, puis nous avons vite sympathisé. En bon padawan, je la regardais faire, écoutant ses conseils, préparant les émissions. « Ce sera bientôt à toi » me disait-elle. J’aurais voulu que ce fût le plus tard possible, ou que cela n’arrivât pas. Pas si tôt.
La radio est un média exigeant, où l’on doit préparer minutieusement son intervention, écrire beaucoup ce que l’on va dire.
Elle avait des petits cartons où elle notait les grandes lignes de l’émission (« ça fait pas de bruit quand tu les tournes »). Moi j’ai toujours mes feuilles A4, pas génial…
Et puis il y avait son rire, elle n’hésitait pas à rigoler largement en pleine émission. J’aimais bien son franc-parler aussi, son côté « même pas peur ».
Anne, je vais essayer d’être à la hauteur, j’espère que tu continueras de nous écouter !
Vous pouvez lire cet article de Thierry Bourgeon qui se remémore cette citation.
Photo reprise du site France Info (Christophe Abramowitz)
Le vin banni à la Télé ?
C’était la semaine dernière sur LCI, dans l’émission de Valérie Expert « On en parle ».
Le vin est-il tabou à la télévision ? Interdit d’antenne ad vitam aeternam ?
Autour de la table : Françoise Laborde, membre du CSA, Jean-Michel Peyronnet, responsable éditorial d’Edonys, Thierry Desseauve, le grand OBI WAN (le Grand Tasting, le Grand Guide des Vins de France, TAST, www.bettanedesseauve.com, Buzz Vins…) et le professeur Gérard Dubois, porte-parle de Alliance, Prévention, Alcool.
La discussion est assez musclée, je vous laisse juger.
En attendant, partout dans le monde, en Chine par exemple ou ailleurs, on se marre et on parle du vin…
Les vignobles d’île-de-France, épisode 6/6

Avec actuellement 540 pieds de pinot noir, la ville d’Ermont peut se flatter de perpétuer une longue tradition viticole. Elle possède plus de 700 m² de vignes et son propre cru est dégusté lors de la Fête des Vendanges, en octobre.
En plantant un vignoble d’environ 800 m² en 1993, les vignerons de Neuilly-Plaisance ont renoué avec le passé. Depuis, les vendangeurs récoltent chaque année le fruit de leur labeur qui fait mentir ce quatrain moqueur : « Vin des coteaux de Champigny, De Montfermeil ou de Neuilly, Propre à faire chèvres danser, Ou en carême pain saulcer ».
Au fil de l’enquête sur les vins franciliens, on apprend que 1 900 ceps ont été plantés en l’an 2000 au pied de la Terrasse de Le Nôtre. Le vin de Saint-Germain-en-Laye se nomme Vin des Grottes, perpétuant le souvenir des grottes du Château Neuf, dont il ne reste que peu de vestiges aujourd’hui. Il n’est pas commercialisé, mais on peut le déguster le jour des vendanges. Le 5 octobre 2000 a été créée une « association des vignerons franciliens réunis », destinée à promouvoir le renouveau du vignoble francilien. Sa mission est de favoriser la connaissance et le progrès de la vigne et du vin à Paris et en Île-de-France. Elle a publié en novembre 2004 la première carte touristique de la vigne et du vin en Île-de-France, disponible à l’Espace du Tourisme d’Île de France. À noter pour l’anecdote que trois communes de Seine-et-Marne (Citry, Nanteuil-sur-Marne et Saâcy-sur-Marne) sont incluses dans le périmètre de l’appellation Champagne. Thomery, également située en Seine-et-Marne, a longtemps préservé une tradition de culture du chasselas qui se conservait longtemps l’hiver grâce à une technique particulière.
Aujourd’hui, les projets de plantation se multiplient. Avec rigueur et détermination. Les vignes se plantent, les méthodes s’harmonisent, la qualité s’améliore, l’appellation « vin de pays » est l’étape suivante logique.
La perspective d’une dénomination Vin de Pays de Paris et d’Ile-de-France est une phase décisive de la création d’une véritable identité francilienne autour de l’oenotourisme que le conseil régional cherche à développer en synergie avec les communes concernées. A la vôtre !
Christian Duteil.
Les vignobles d’île-de-France, épisode 5/6
Cahors à Paris à l’hôpital Bretonneau (suite)
C’est à un jeune vigneron de l’AOC Cahors que l’on a demandé de prendre en main ce vignoble urbain pas comme les autres. Propriétaire du Château de Gaudou, à Vire-sur-Lot, Fabrice Durou incarne la 7e génération d’une lignée de vignerons, producteurs de Cahors. Dans la vallée du Lot, le malbec est plus connu sous le nom d’auxerrois et il y demeure le cépage de prédilection par excellence. Son succès en Argentine est tel que le critique américain Robert Parker l’a qualifié de « cépage du 21e siècle » !
Fabrice Durou s’est chargé lui-même de former le personnel responsable des espaces verts de Bretonneau dans le but d’en faire de véritables vignerons ! Une équipe « très pro » et motivée selon Fabrice Durou. Des vendangeurs volontaires et dynamiques qui prouvent à chaque instant qu’on ne naît pas vigneron mais qu’on le devient : tout le personnel de l’hôpital, ainsi que les résidents, ont prêté main forte pour les premières – et si attendues – vendanges. Le vin produit est élaboré et mis en bouteilles « à la propriété », dans le nouveau chai installé à l’Hôpital Bretonneau, sous l’œil vigilant de Michel, maître de chai. Les bouteilles sont vendues aux enchères, au profit naturellement de cet établissement hospitalier, considéré comme l’un des plus innovants de la Capitale dans son domaine.
Depuis près de quarante ans, le processus de replantation s’accélère dans la région parisienne, sous l’impulsion de démarches municipales ou associatives.
En 1965, Etienne Lafourcade ouvre la marche avec la plantation du Clos du Pas-Saint-Maurice, à Suresnes dans les Hauts-de-Seine. Ce vignoble municipal s’étend sur le flanc du Mont-Valérien. Laissé à l’abandon jusqu’en 1965, il a été replanté et s’étend aujourd’hui sur une surface d’un hectare. C’est le plus important par sa superficie mais la commercialisation de son vin est limitée à l’échelon local. D’autres municipalités lui ont emboîté le pas.
On compte aujourd’hui 134 vignes franciliennes. En 1990, deux cavistes d’Issy-les-Moulineaux, Lucien et Yves Legrand, ont souhaité faire revivre la longue tradition du domaine viticole de la ville et ont planté 200 m² de vignes (chardonnay et pinot beurrot). Les premières vendanges furent réalisées par des élèves de CM2 en 1992. Depuis, chaque année, les enfants pressent les grappes et dessinent les étiquettes des bouteilles.
Christian Duteil.
La vie de château
Petite vidéo de mon entrée à Mouton Rothschild lors de la semaine des primeurs.
Même pas besoin d’user ses semelles : petite voiture de golf et hop, nous voici dans la place…
Comme si vous y étiez, on rase les murs.
Les vignobles d’île-de-France, épisode 4/6
Et cela ne fait que commencer… en implantant un cépage de Cahors en plein quartier populaire. Pour la première fois en 2007 ont eu lieu des vendanges aussi originales qu’authentiques, au cœur de l’hôpital Bretonneau, dans le 18e arrondissement elles aussi, mais sans prétendre faire de l’ombre au Clos de Montmartre.
Cet établissement modèle spécialisé en gériatrie – situé au pied de la célèbre Butte Montmartre – avait planté à son ouverture en 2001 quelques rangs de chasselas. En 2005, afin de « faire du vin », l’hôpital Bretonneau a décidé de remplacer le chasselas par un cépage connu désormais dans le monde entier, le malbec, qui a fait la réputation du Black Wine chez les Anglais. L’enjeu ambitieux et affiché de ce micro vignoble surgi de nulle part – dont l’épopée pour le réhabiliter a même donné naissance à un roman policier signé par le duo d’écrivains formé par Jean-Pierre Alaux et Noël Balen, Ne tirez pas sur le caviste !, n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encre et un peu de vin. Le projet est limpide comme le jus du raisin qu’on recueille précieusement et aux vertus insoupçonnées à l’heure où la consommation sans modération du vin est dénoncée dans les campagnes antialcooliques.
« Proposer aux résidents non seulement des soins mais aussi des activités qui renvoient à la vie…et à la nature. Également l’occasion de remémorer des souvenirs car qui n’a pas sa petite histoire de vendanges ? » explique Véronique Desjardins, directrice de l’Hôpital Bretonneau, et qui n’est pas la dernière à vanter les vertus thérapeutiques de son micro vignoble qui a la particularité d’être la seule vigne de Paris avec un droit de plantation : 125 pieds de malbec, 0,7 are, terroir argileux… pour les vignerons en herbe amateurs de précision.
Christian Duteil.
De l’importance d’être noté
L’épisode des primeurs est devenu une ritournelle, rendez-vous annuel obligé pour les milliers de professionnels en tout genre, acheteurs et journalistes, venus jauger le dernier né au fût. Déjà avant l’heure, la rumeur annonçait un millésime 2009 excellent.
La sainte semaine passée, les premiers oracles ont été rendus. Dans quelques jours, les châteaux brandiront leurs étiquettes (de prix), savamment calculés en fonction du millésime précédent mais aussi du 2005 (dernier « millésime du siècle » en date) et bien sûr ajustés des notes des critiques, dont le plus célèbre, Robert Parker, fait encore la pluie et le beau temps du climat aquitain.
Le site d’actualités Slate.fr s’interroge par la plume de Jean-Yves Nau* des processus divinatoires de telles dégustations, étant entendu que les vins présentés durant cette semaine sont des échantillons tirés sur fût de vins en devenir. Qui ne reflètent donc pas totalement la réalité de ce qu’ils seront une fois mis en bouteille et commercialisés dans deux ans.
Outre les limites de l’exercice (juger un vin si jeune est délicat même s’il permet de donner le « la » d’un millésime), la gageure qui consiste à prophétiser sur son avenir et déterminer le moment optimal de son apogée semble parfaitement superfétatoire. Il n’est qu’à se rappeler ce qu’il advint du 1982 : « ça ne marchera jamais, il faut l’oublier ». Sauvé des eaux par un certain Parker (qui entama, en partie grâce à cela la carrière fulgurante qu’on lui connaît), ce 1982 justement se révéla au cours du temps un somptueux millésime. Ceux qui l’avaient condamné à sa naissance doivent encore s’en mordre les papilles.
Goûter des vins jeunes, oui, se faire une certaine idée du millésime à partir de ces échantillons représentatifs, pourquoi pas en effet, annoncer péremptoirement l’apogée et l’optimum de dégustation du vin, à l’année près, pardon mais bidon !
Dans le vin comme dans la vie, rien n’est jamais acquis. Et le doute fortement recommandé.
* http://www.slate.fr/story/19765/peut-predire-lapogee-dun-grand-vin
Cloches de Pâques
Retour sur le week-end pascal de Jenny Dazin, nantaise et mécréante gourmande.
Le week-end des cloches et poules en chocolat se déroule au tison et, en cette fin d’après-midi du 3 avril, le vent et la pluie nous poussent sans ménagement mon complice et moi vers La Cigale, haut lieu nantais du décor Art Nouveau, avec l’espoir chevillé au corps de nous y réchauffer d’un thé ou d’un chocolat chaud. Oui, mais voilà, à 18h15, ces breuvages ne sont plus servis car le personnel se restaure et dresse les tables avant le service du soir. On nous laisse tout de même gentiment admirer les lieux.
Nous filons rejoindre un troisième larron chez Fées Maison, où des garçons sans doute moins nantis et appesantis par le protocole que le bel insecte nous le concoctent, ce chocolat, assez vite suivi il est vrai d’un verre de muscadet choisi au hasard de l’ardoise gris ciel. Au hasard, parce qu’il n’y en pas de mauvais ici. Le temps de rire de tout et de rien avec les copains, de jeter un coup d’œil aux œuvres hébergées par ce bar gay où toutes et tous sont bienvenus, et zou !
Nous rejoignons l’Océanide via le cours des 50 Otages. Et là, dans les gradins, c’est du délire, le public s’enflamme, s’esbaudit, se pâme même ! Tout, oui, tout, de l’accueil au décor, aux plats et aux vins en passant par les prix, nous remet le temps au beau fixe. François Chidaine met tout le monde d’accord (mets et convives) avec son excellent Montlouis Les Choisilles 2007 (49€). Les filets de maquereau pochés servis avec queues de langoustine rôties et sorbet de poivron rouge, le ris de veau de mon voisin et le pavé de turbot d’un autre y trouvent leur bonheur. Et nous donc !
Le dimanche ne dépare pas, il fait un peu meilleur et nous permet, en attendant la fin de l’office en l’église St Pierre et St Paul où nous voulons voir, non point la messe, mais le splendide tombeau de Marguerite de Foix et François II de Bretagne, de manger notre agneau pascal, sous forme de kebab en barquette polystyrène, au pied du château des Ducs. Je regrette de ne pas oser ouvrir une bouteille du délicieux Clos des Montys de Jérémy Huchet, acheté comme toujours à La Cave de Longchamp.
On se rattrape sans trop de modération le soir avec les amis, chez ma Mademoiselle Agnès à moi, où je me gave entre autres d’un gâteau d’Eve. Le vin sus-nommé est issu de vieilles vignes (1914) et, depuis ma conversion il y a deux ans, je baptise amis et famille à tour de bras que ce soit pour accompagner des coquillages ou relever un curé nantais.
La Cigale, 4 place Graslin, 44000 Nantes, 02 51 84 94 94.
La Cave de Longchamp, 72 rue Georges Lafont, 44300 Nantes, 02 40 59 13 14.
L’Océanide, 33 rue Paul Bellamy, 44000 Nantes, 02 40 20 32 28.
Fées maison, 3 rue du Pré Nian, 44000 Nantes, 02 40 48 44 42.
Domaine François Chidaine, Montlouis-sur-Loire, Les Choisilles.
Domaine de la Chauvinière, Clos Les Montys Vignes de 1914.











