Saison 1

Episode 5

Le chant du monde.

Rester confinée, écouter la clameur du monde et les soubresauts de la terre. Ne jamais revoir Ithaque… Je compose avec une solitude habitée, colorée de mots et d’écriture. Ce même face à face avec soi que je retrouve à chaque dégustation, où je dois aller sans hésiter, catégoriser aux premières secondes, conforter aux suivantes, noter un commentaire, justifier les défauts, louer les qualités.

Chacun a son goût propre, il est impossible de savoir ce que sent l’autre. Théorie de l’esprit désagrégée par la force de l’empirique.  Ceux qui voudraient m’en persuader font ici fausse route. Le professeur Patrick Mac Leod, neurobiologiste et spécialiste du goût, m’explique le fonctionnement de l’odorat, la formation dans le cerveau des odeurs et des saveurs et leur restitution en images. Des images qui doivent s’affranchir des bruits de fond, se traduire en langage, média commode certes, mais insuffisant. Des images comme des visions, superpositions de formes et de couleurs, ce qui reste de nous en dehors de toute pensée. Comme ces ondes sonores imperceptibles, jaillies des tréfonds du monde, qui murmurent jusqu’à nous à travers le silence.

Et nous revenons à l’état sauvage, nous sommes devenus des parasites du monde devant de nouveau laisser toute sa place à la nature et à son ordre originel.