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World Wide Wine

22 juin

Chaque jour depuis samedi dernier, le communiqué quotidien en direct de Vinexpo. Histoire de bien vous faire remarquer tout ce qu’il y avait d’intéressant et d’incroyable à Bordeaux cette semaine, et que vous avez loupé, plébéien que vous êtes. Ce matin, une docte étude – puisqu’elle porte sur un « échantillon représentatif de la population française » : c’est quoi être représentativement français ? – nous livre son analyse sur le vin et les nouvelles technologies.

Le baromètre Sowine SSI « confirme le rapport particulier que les Français entretiennent avec le vin et le rôle de plus en plus important que jouent Internet et les nouvelles technologies dans le processus d’information avant l’achat de vin. » Bon d’accord. Nous voilà bien avancés. On en connaît quelques-uns qui ont un rapport particulier avec le vin… Mais lisons plus loin.

« Les acheteurs de vin sont à la recherche d’avis et de recommandations. Le pouvoir du partage et l’accès à la prescription via internet et les réseaux sociaux sont donc déterminants dans leurs décisions d’achat » explique Renaud Farrugia, Directeur Général de SSI en France.
Là on tient le scoop ! Il fallait bien l’avis de 1200 représentants français pour l’apprendre. Inouï.

Je taquine, je taquine… Donc passés les enfoncements de porte-ouverte (genre : pour 74,6% des sondés, il est primordial de se renseigner avant d’acheter du vin), on arrive à quelques éléments intéressants.

1) Les conseils de l’entourage demeurent la toute première source d’information utilisée par les consommateurs français pour préparer un achat de vin, avec 46,8% des sondés affirmant s’y référer.
=> C’est le fameux : « dis, tu ne connais pas un bon vin, mais pas cher, toi-qui-t’y-connaît-en-vin ? »

2) Internet et les nouvelles technologies se placent au 5e rang (13,3%), derrière les conseils prodigués par les cavistes (34,6%), les sommeliers (15,3%) et les échanges directs avec le producteur (14%).
Arrivent ensuite les guides spécialisés (7,7%) et la presse écrite, qu’elle soit spécialisée (4,4%) ou généraliste (3,3%).
=> Et bing. Le Français représentatif ne lit-il plus ? Ou bien la presse et les guides ne répondent-ils pas bien à ses interrogations ?

3) Les blogs et les forums consacrés au vin sont consultés par 1 acheteur sur 3 et les sites de producteurs par 1 acheteur sur 4, alors que les sites payants de notes de dégustation attirent à peine 5% des acheteurs réguliers.

4) A peine 4% des acheteurs réguliers appartiennent à des réseaux sociaux spécialisés sur le sujet vin et 6% à des groupes dédiés au vin sur les réseaux sociaux généralistes.
Les applications mobiles dédiées au vin sont elles aussi encore peu considérées, avec à peine 21% des répondants affirmant leur porter de l’intérêt.
=> allez voir sur Ecrivins et Alastyn !!

5) Enfin sur les ventes de vin sur Internet, cette étude montre que les acheteurs consacrent un budget plus élevé que pour un achat dans le circuit traditionnel.
=> 10% des Français affirment acheter du vin en ligne, avec un acheteur type au profil plutôt masculin, urbain et jeune.
Mais 2 personnes sur 3 ayant utilisé Internet pour préparer leur achat de vin finissent par acheter offline !

A méditer….

(Photo : Auchan Arras – Mac4ever)

Un vigneron peut-il tout dire sur son blog ?

11 mar

L’idée de ce billet m’est venue après avoir lu cet article sur l’excellent blog de Corinne Comme, Château du Champ des Treilles.

Fallait-il ou non annoncer à ses clients particuliers et professionnels qu’elle venait de perdre une cuvée entière d’un vin qui s’annonçait excellent, suite à une erreur technique d’un de ses prestataires  lors d’une opération de filtration ? Avait-elle vraiment le choix entre une opération vérité et une communication type « nuage de fumée » ? Choix cornélien !

En lisant les écrits des vignerons blogueurs ou en discutant régulièrement avec eux, cette question lancinante de la transparence des informations qu’ils diffusent, voire le caractère parfois abrupt de leurs propos se pose avec insistance et finalement bien logiquement. Ne vais-je pas m’attirer les foudres d’une administration en dénonçant ses pratiques d’un autre âge, ne vais-je pas perdre des clients en révélant les dégâts occasionnés sur les vignes par un orage de grêle, ne vais-je pas être banni par un media ou un guide influent si je critique ses méthodes de notation …? Oui, bien sûr, ces risquent existent et ne doivent pas être négligés quant aux éventuelles conséquences d’un billet « coup de gueule » ou « pieds dans le plat » sur l’image d’un domaine, sans parler de ses répercussions financières. La tentation est grande parfois de n’utiliser son blog que pour annoncer une participation à un salon ou le lancement d’une nouvelle cuvée mais je pense sincèrement que cet espace d’expression que nous offrent les nouvelles technologies vaut mieux que cela.

Plus sans doute que tout autre artisan ou professionnel en général, vous êtes soumis à de multiples pressions et contraintes : les aléas climatiques bien sûr, les lourdeurs administratives, les exigences des marchés, l’évolution du goût des consommateurs, le poids des lobbies, les problèmes techniques, … j’en passe et des meilleures.

Sachez, chers amis vignerons, que j’ai plus appris sur votre métier en quelques mois de lecture d’articles circonstanciés, argumentés et surtout marqués par le sceau du vécu qu’en quelque cinquante années d’existence. Qui, mieux que vous, peut expliquer que vous faites un métier très exigeant mais aussi sûrement l’un des plus passionnants ?

Alors, si je peux me permettre un modeste conseil, continuez à nous étonner, à nous apprendre et à nous émouvoir, vous ne le regretterez pas. Et même si la rédaction d’un texte se fait souvent dans la douleur, qu’est ce que ça fait du bien d’écrire ! N’est ce pas ?

Olivier Floch

Le vin et les ados : je trinque moi non plus

28 fév

C’était aujourd’hui sur Canal+ à 13h30, dans l’émission L’Édition Spéciale de Bruce Toussaint.
Où il fut question, entre le débarquement de MAM et l’atterrissage à Hollywood des statuettes bronzées, du vin et des jeunes. Lesdits jeunes épinglés par une étude néo-zélandaise montrant à grand renfort de chiffres exprimés en pourcentage, que la jeunesse (toute la jeunesse ?) sombrait une fois de plus dans l’alcoolisme. Étude, vous le noterez, dont on ne sait jamais qui est interrogé, quand ni sur quelle échelle de grandeur. Bref.

84% des adolescents de 15 ans ont déjà bu du vin.
Mais entre boire un fond de verre à l’anniversaire de Mamie ou deux gorgées de champagne pour sa première Communion et se vider le jaja de papa tous les midis… il y a un monde, que franchit allègrement l’étude puisqu’on nous la présente comme vérité biblique. Jean-Michel Cohen, le docteur es-média spécialiste du PAF est appelé à la rescousse et nous livre son analyse : un ado qui trinque est un alcoolique en puissance. Heureusement notre Périco National pourfend l’abstème en parlant d’éducation, de culture, de patrimoine ;  » il faut éduquer les jeunes à la gestion intelligente et rationnelle de l’alcool ».
En d’autres termes, pas d’urgence pour faire goûter du vin aux jeunes, mais pas de défiance non plus si tant est que cela reste du domaine de l’exception.

La question que m’inspire ce débat, si légitime soit-il, est la suivante : pourquoi, lorsque l’on parle du vin à la TV, est-ce toujours sur les thèmes « vin et alcool », « coma éthylique », « mon ado trinque, ses parents boivent » etc… ? Vin égale danger semble être le seul message de santé publique. Plus que regrettable, stupide.

Du vin culte au vin culture

15 fév


Sur l’obélisque de Louksor, érigé en 1836 sur la place de la Concorde, on peut voir sur l’une des faces une scène représentant Ramsès II faisant offrande de vin au dieu Amon. Roger Dion écrit que « Toutes les sociétés méditerranéennes productrices de vin l’ont utilisé comme symbole de la civilisation elle-même. Pour elles, une société digne de ce nom ne pouvait que produire une viticulture savante et des vins de qualité. Les peuples qui ne faisaient pas de vin ne pouvaient être que des barbares« . Déjà, à la fin du Ve siècle, Thucydide disait : « Les peuples méditerranéens commencèrent à sortir de la barbarie quand ils apprirent à cultiver la vigne« . Les barbares, ces individus qui ne savaient pas le grec (plus tard le latin)… Cultiver la vigne, c’est donc se cultiver, accéder à la connaissance par le langage. Car tout dans le vin pousse et appelle au progrès, scientifique et humain. Les techniques échafaudées au cours des siècles (l’invention de la bouteille, du bouchon en liège, du tire-bouchon, l’ajout de soufre etc.), plus tard les méthodes de vinification permettant de ne plus rater un millésime (avec toutes les dérives industrielles que l’on connaît, engendrées par la course au volume), la connaissance des sols, des conditions climatiques, tout cela n’est qu’une quête de l’excellence sans fin. Qui passe autant par la recherche du meilleur mode de bouchage que par de nouvelles voies pour élaborer du vin.

Le sauvignon du moment !

12 fév

Après six ans passés chez Charles Joguet, l’un des meilleurs domaines de Chinon, François-Xavier Barc a créé en mai 2010 sa structure de production et de négoce « Complices de Loire« .

Avec un associé, ils ont sélectionné des vignerons qui partagent leur vision du vin – sincérité, pureté du fruit – et élaborent toute une gamme de vins ligériens, sur les deux rives : Saint-Nicolas de Bourgueil, Bourgueil, Touraine Sauvignon, Saumur-Champigny, Chinon.

Parmi les vins dégustés, un petit coup de coeur pour le tout nouveau Touraine 2010, qui n’a pas encore été baptisé… Un sauvignon plein et juteux, avec des fruits blancs et des agrumes, sans cette rigueur végétale que l’on trouve sur un grand nombre de vins de ce cépage.
En l’attendant, attardez-vous sur l’autre cuvée Touraine Sauvignon 2010, joliment nommée « Pointes d’agrumes », tout aussi jolie, un peu plus tendue, parfaite pour l’apéritif, sur des poissons blancs ou des fruits de mer.

Prix : 12 euros pour le « sans nom » et 6 euros pour Pointes d’Agrumes
Contact : François-Xavier Barc
06 84 35 22 07
fxbarc@complicesdeloire.com

Saignée télévisuelle !

11 fév

Tous à vos postes ! Samedi 12 février à 20h30, cap sur la troisième chaîne…
Le premier épisode du Sang de la Vigne, la série policière co-écrite par Jean-Pierre Alaux et Noël Balen, sera diffusé sur France 3 demain soir.
Cet épisode intitulé « Les Larmes de Pasquin » est l’adaptation du roman Saint-Petrus et le saigneur, publié chez Fayard.

Le pitch : une série de meurtres est perpétrée à Pomerol. Les victimes sont toutes des personnes âgées et le serial killer agit selon le même rituel à chaque fois, laissant un verre de Petrus sur le lieu du crime. L’oenologue héros, joué par Pierre Arditi, va mener l’enquête. A ses côtés, un Jean Benguigui en pleine forme.

Cette adaptation télévisuelle est une première. Si l’audience est au rendez-vous, d’autres suivront ! J’ai interviewé dans Buzz Vins, sur LCI Radio, Jean-Pierre Alaux, qui nous en dit un peu plus sur ce téléfilm.

Ecoutez l’interview radio

Retrouvez les 17 tomes du Sang de la vigne aux Éditions Fayard.

Connaissez-vous Saint-Préfert ?

09 fév

Petit florilège de quelques bouteilles glanées ci et là, à l’occasion de dégustations.

J’ai revu avec bonheur Isabel Ferrando, du Domaine Saint-Préfert à Châteauneuf-du-Pape.
Deux mots sur le domaine : Isabel a quitté son métier dans la banque pour en 2002 reprendre treize hectares de la propriété d’origine de Saint-Préfert. Son premier millésime en 2003 fut un succès, les choses sont allées très vite ensuite. Le vignoble s’est agrandi du Domaine Colombis (2 ha) et d’une parcelle d’un hectare et demi, « Cristia ». Pur terroir castelpapal, Saint-Préfert est constitué de galets roulés et de graviers, planté notamment de vieilles vignes (60 ans en moyenne) qui produisent peu. Petits rendements obligés (20 hl/ha en moyenne) et travail manuel minutieux donnent des vins aux tanins extrêmement polis, au toucher suave et délicat.
Ici, grenache, syrah, mourvèdre et cinsault sont au diapason.

Voici les vins que j’ai dégustés lundi dernier à l’Ami Jean (temps merveilleux, ils étaient bien ouverts).

La cuvée Classique 2009, issue des jeunes vignes du domaine (80% grenache). C’est juteux, avec beaucoup d’énergie. Les tanins ne dominent pas, ce vin est promis à un bel avenir, déjà savoureux à ce stade.

Réserve Auguste Favier 2009 (grenache et cinsault). La matière est encore plus installée que dans la Classique, avec de la droiture, une matière pulpeuse et riche, joliment gainée dans un corps svelte et de bonne structure tannique.

Colombis 2009 (brut de cuve). 100% grenache sur sables. Vin très onctueux, tanins fins, ensemble joyeux.

Collection Charles Gérault 2009 (brut de cuve). Grenache et mourvèdre. Une grande âme. Beaucoup de volume, de puissance contenue dans un écrin de finesse. Chair raffinée, longueur énorme.

Enfin, je termine par le blanc 2010 (clairette et roussanne), non filtré, qui offre à ce stade un jus appétissant, gras, aromatique (notes de poire, de fruits blancs et exotiques), ample et de bonne amertume, très légère.

Si vous passez dans le coin, arrêtez-vous ! Et si vous avez l’occasion de goûter, pas d’hésitation !

C’est reparti !

07 fév

Bonjour chers amis ! Picrocol revient, après un temps de pause bien mérité.
Au menu, il y aura des dégustations, des décryptages (actu, économie, histoire…), des reportages in situ comme si vous étiez (parce que c’est moi qui y serai), des petites anecdotes et bien sûr de la technologie iPhonesque puisque l’on ne parle que de cela.

Allez pour commencer, rendez-vous dans quelques heures pour un debrief de quelques bouteilles : Domaine Saint-Préfert (Châteauneuf-du-Pape), le Clos des Augustins (Pic Saint-Loup), Champagne Ulysse Collin, Domaine Weinbach… Hummmm !!

(Photo de Jean-Bernard Nadeau, prise en janvier 2001 lors de la dégustation des grands crus classés de Margaux 2008 au Château Brane-Cantenac, avec Michel Bettane et Guy Charneau)