Archive de février, 2010

Pensées philosophiques

22 fév

« Les Liquoreux, ça se vend aussi bien qu’un cercueil à deux places ». Monsieur L., vigneron à Cérons, qui m’a aussi confié sa définition personnelle de la lutte raisonnée : « C’est quand mon conseiller technique raisonne pour moi ».

Bienvenue dans un monde de finesse.

Les causes de l’alcoolisme…

15 fév

Advini advenu. Ad vitam.

08 fév

Les Enfants Terribles. Rue Balzac. Paris. C’est chic car comme pour la RATP en son temps, une annonce choc est à suivre.
Non pas le rachat de la Maison Laroche, basée à Chablis, par le groupe Jeanjean. Dans les « milieux bien informés », nous le savions déjà. Mais la nouvelle identité visuelle de la holding.
Ce sera AdVini. Bon. 50 000 euros pour la locution latine. Cela dit, quand on connaît le prix d’une baseline, d’un story board et du tombage de positionnement, on se dit que c’est vraiment bien négocié et que cela augure d’une bonne gestion patrimoniale. Rassurant.

La nouvelle entité ainsi constituée (et cotée en bourse !) représente désormais près de 1500 hectares de vignoble, 200 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, 540 collaborateurs et regroupe 7 maisons : Jeanjean, Ogier, Rigal, Gassier, Cazes, Antoien Moueix et Laroche.
A l’origine, le rapprochement (effectif depuis le 11 janvier) des familles Jeanjean et Laroche, l’une languedocienne, la seconde chablisienne, toutes deux désireuses de conquêtes et de qualité.

L’union faisant la force, l’entreprise possède de nombreux atouts pour grignoter des parts de marché, en France mais surtout à l’export où sa taille pourrait lui permettre de rivaliser avec ses concurrents.

Et les vins dans tout cela ? L’accent mis sur la qualité ne semble pas dévier d’un iota. De toute façon on ne voit pas pourquoi cela devrait régresser puisque chaque marque continue de vivre sa vie. Les réseaux de distribution quant à eux sont regroupés car c’est le nerf de la guerre et la clef d’une bonne maîtrise des coûts.

Deux prioriétés clamées haut et fort par Antoine Leccia, nouveau président du Directoire, et reprises par Bernard Jeanjean, président du Conseil de Surveillance, et Michel Laroche, membre de ce Conseil : « cultiver l’excellence » et « construire un réseau de distribution au niveau international ».

Et bien alors, longue vie à Advini…

Wine Blog Trophy 2010

02 fév

Créé en 2007 à l’initiative du salon des vins de Loire d’Angers, le Wine Blog Trophy récompense les meilleurs blogs dédiés au vin. Cette année six lauréats ont été plébiscités par les internautes et un jury de spécialistes.

Les blogs récompensés sont :

Dans la catégorie Prix des Internautes : Aurelia Filion - « Bu sur le Web » http://busurleweb.com
Dans la catégorie La plus belle Plume : Hervé Lalau – « Chroniques Vineuses » http://hlalau.skynetblogs.be
Dans la catégorie Meilleur Design : Aurélia Filion  - « Bu sur le Web » http://busurleweb.com
Dans la catégorie Meilleure Intéractivité : Emmanuel Delmas - « Sommelier Vins » http://www.sommelier-vins.com
Dans la catégorie Mention Spéciale Loire : Jacques Berthomeau -  »Vin&Cie, l’Espace de liberté » www.berthomeau.com
Dans la catégorie Prix du Meilleur Blog : Anne-Laurence Chadronnier -  »Rouge, Blanc, Bulles » – http://rougeblancbulles.blogspot.com

Les hermitages de Ferraton

01 fév

Rendez-vous était donné, jeudi dernier, à la Maison de l’Aubrac, rue Marboeuf. Grégory Viennois était venu « sur les Champs » nous présenter quelques-unes de ses cuvées d’Hermitage – et non des moindres, à moi-même et à Egmont Labadie*, Monsieur-bar-à-vins à qui l’on doit également cette photo de Grégory.

Le jeune homme, la trentaine passée, est sympathique, souriant, et n’a rien d’un novice. Une expérience forgée auprès de grands « maîtres » (Stéphane Derenoncourt, Nadine Gublin du Domaine Jacques Prieur en Bourgogne notamment) l’a parachuté dans la Chapoutiers’ Team. Directeur technique de l’auguste maison (fonction qu’il exerce toujours), il a ajouté une corde de plus à son arc en 2004, prenant la tête du domaine Ferraton. Bio convaincu, tendance observation et accompagnement, il aime travailler ses vignes « comme un jardin ».
Bien sûr, le même soin est apporté aux cuvées de Chapoutier et à celles de Ferraton, les deux noms se rejoignant sur plusieurs appellations (Hermitage, Crozes-Hermitage, Saint-Joseph, Côte Rôtie, Condrieu, Cornas, Côtes du Rhône, Tavel et Châteauneuf-du-Pape). Toutefois, à la question de savoir ce qui les différencie dnas le style, Grégory dévoile travailler davantage sur la réductin les cuvées Chapoutier, donnant ainsi des vins un peu plus massifs, tandis que Ferraton irait vers davantage de délicatesse de texture. Avec aussi cette faculté d’être prêts à boire plus rapidement.

Forcément, une fois les présentations faites, on se dit que tout cela ne peut pas être foncièrement ni palatalement mauvais… Même si je dois avouer une certaine ignorance, du moins une non maîtrise absolue du sujet de l’Hermitage, la démonstration – verre en main – est édifiante. D’autant que nous sommes ici guidés par le maître des bouteilles ; rien de plus simple d’avoir le commentaire en direct. Qu’est-ce que je bois ? Qu’est-ce que je ressens ? Pourquoi ? Comment avez-vous fait ?

En quatre coups de bouteille, voilà quelques éléments de réponse, forcément partiels, peut-être partisans, certainement éclairants.

Saint-Joseph blanc 2008 « La Source » (13 €) – Négoce (achats de raisins). Ce vin est un 100% marsanne, l’un des cépages du Rhône Nord. Le terroir de Saint-Joseph est réputé pour ses granits. Elevé en demi-muids et en cuve inox, j’ai aimé l’apport quasi imperceptible du bois (le non-bois), le nez d’amande, la finale légèrement amère, sa droiture. Il manquait toutefois à mon goût d’un peu d’acidité mais là sans doute n’était pas le but ; gras et ample le rattachent ainsi parfaitement à ses pairs. La longueur toutefois n’est pas phénoménale. Parfait en fin de compte pour débuter le repas, ce que nous avons fait avec des tapas de légumes et de boeuf. On attend la suite !…

Crozes-Hermitage rouge 2007 « La Matinière » (10,50 €). Un vin au fruité franc, marqué par le cassis et la framboise. Très beau jus, dense, enjoué. Des notes mentholées, de garrigue, d’épices. C’est frais, très aromatique. A ce prix-là, c’est le bon plan ; ça glisse tout seul.

Hermitage rouge 2006 Les Miaux (42 €). Les vignes du domaine sont mises à contribution (parcelles des Diognières à 80% et du Méal). Attachez vos ceintures, on passe à la vitesse supérieure. Un petit bolide à la mécanique précise : tanins enrobés, racés, structure étirée, jus profond. Alors bien sûr c’est encore jeunot, mais si c’est déjà bon maintenant, c’est bon signe ! Le nez est dense, épicé, le corps à la fois charnu et si délicat, juteux, les tanins parfaitement enrobés, tapissant le palais. Hummm ! L’acidité sous-jacente étire l’ensemble, c’est onctueux, long, plein. Mais que demande le peuple ? J’avais pris un quasi d’agneau : parfait. On ne fait pas un métier facile, moi je vous le dis.

Hermitage rouge 2006 Le Méal (+80 €). On vient de franchir le mur du son. La profondeur et la persistance de cette cuvée sont supérieures à la précédente. Sur le plan aromatique, le registre est sensiblement le même. La différence s’exprime dans la structure, plus dense, le charme plus raffiné, les tanins plus veloutés.  Du ++ qui coûte tout de même un bras, voire les deux… Je repars tout de même entière, professionnalisme oblige :-)

Voilà comment, en quelques verres, on peut parcourir des paysages, toucher du doigt la subtile complexité du mot terroir, en comprendre les différentes sensibilités. Tout cela bien sûr n’est qu’une mise en bouche avant d’aller plus loin, explorer plus avant ces grands vins.

TAST, le magazine de Bettane&Desseauve, consacre une étude ultra-complète aux terroirs de l’hermitage, réalisée par Guillaume Puzo. Histoire, sols, style des vins, rien n’est laissé de côté et chaque domaine et négoce y sont décrits très précisément. Pour vous procurer le numéro en format pdf (environ 10 €), vous pouvez envoyer un mail à bb@bettanedesseauve.com (de la part de Picrocol).

* Egmont Labadie est journaliste spécialisé dans les vins. Son dada : les bars … (Attention Egmont, je t’ai à l’oeil !) Il les recense, les écume, les consigne, les note, les teste (avec méthode et application). Tout cela pour quoi ? Mais pour vous faciliter la vie ! Retrouvez son guide les Zinzins du Zinc et son blog http://terredevins.com/blogs/zinzinsduzinc/. A venir : un guide des bars à vins parisiens ! Miam miam glou glou.