Margaux, Listrac, Moulis et Médoc
Et nous voilà rive gauche. Cela en rassurera certainement certains… Ce matin la dégustation de l’Union des Grands Crus présentait 19 margaux, 2 médocs, 4 listracs et 3 moulis. L’ensemble a confirmé la réussite du millésime. On attend la transformation de ces débuts prometteurs en bouteilles…
Après le déjeuner à Chasse-Spleen, nous continuerons notre quête de l’Idéal, verres en mains…
Calon-Ségur, Montrose, Margaux, Palmer, Labégorce, La Lagune.
Nous terminerons par le château d’Yquem au grand théâtre de Bordeaux. Et oui, après tous ces rouges un peu de douceur sera la bienvenue.
A suivre …
Pomerol et Saint-Émilion
La journée s’achève. Dur dur d’être dégustatrice. J’ai les dents bleues, j’ai l’air d’une schtroumpfette, le dos en miette. Mais que de bonheur à passer de château en château, de vin en vin, de découverte en apprentissage.
La rive droite est de toute évidence une réussite. D’après ce que j’ai pu goûter, la finesse conjuguée à la puissance promet de beaux vins. Mais il est encore beaucoup trop tôt pour rendre un quelconque verdict, quel qu’il soit.
J’ai adoré la Conseillante, la Pointe, Beauregard et Clinet.
Sur Saint-Émilion, je citerais Troplong Mondot, Larcis Ducasse, Figeac, Berliquet, Trottevieille, Beauséjoir DL, Pavie.
Demain nous passons sur l’autre rive, côté Médoc.
A suivre sur Twitter également !
Sauternes et Barsac
La dégustation vient de s’achever. 25 bouteilles de sauternes et barsac. Des 2009 de toute beauté, riches en sucre, parfaits dans leur équilibre dans leur ensemble.
J’y ai perçu davantage d’homogénéité que l’année passée. Ce millésime est grand et le deviendra encore plus.

Parmi mes bonnes impressions (guidée par Michel Bettane jamais avare de bons conseils) : les châteaux Caillou, de Myrat, Nairac, Romer, Coutet (où nous étions justement !), Lafaurie-Peyraguey, la Tour Blanche, Rabaud-Promis, Rayne-Vigneau, Sigalas-Rabaud.
Nous continuons sur Climens….
Primeurs bordelais !
Les vignobles d’île-de-France, épisode 1/6
« Si l’on me demande quel est le bien le plus précieux de la terre, je répondrais c’est la vigne » (Caton)
Avec le phénomène d’urbanisation galopante et la pollution ambiante de la mégapole parisienne, on ignore le plus souvent que l’Ile-de-France a été une région de vignobles réputés qui abreuvaient la capitale et qu’elle entend désormais le faire savoir en multipliant les projets verts et les animations festives, voire en lançant une appellation « vin de pays de Paris et Ile-de-France ».
Question à dix points : saviez-vous que les 134 vignes recensées dans la région Ile-de-France (dont le nombre s’élèverait même à 152 si l’on tient compte des projets de réhabilitation ou de plantation en cours), produisent chaque année
33 653 bouteilles ? Certes, c’est une goutte de vin dans la production française fort riche et beaucoup de ces vignobles ne comptent que quelques pieds, pour une surface totale, encore très modeste, de 11 hectares. Il s’agit souvent d’initiatives municipales destinées à renouer avec le passé et le culte immémorial à Dionysos, dieu de la vigne. La plus connue et médiatisée de ces vignes est sans doute le clos de Montmartre, situé sur le flanc nord de la butte Montmartre, et la plus étendue sur les coteaux de Suresnes (1 ha) dans les Hauts-de-Seine.
Exception à la règle, en bordure du Bois de Boulogne, le Domaine de la Vigne de Paris Bagatelle (10 route du champ d’entraînement. Tél : 01 45 01 61 43) est à notre connaissance la seule exploitation viticole privée ouverte au public, du moins à Paris intra muros. Elle appartient au Comte Christian et à la Comtesse Pascaline d’Andlau-Hombourg qui possèdent aussi des vignes en Alsace. Désirant avant tout la présenter comme un parcours pédagogique et initiatique, les propriétaires proposent le week-end des visites guidées de la vigne soigneusement taillée : 400 ceps de cépages pinot, auxerrois et gewurztraminer plantés sur 4 à 5 ares. Des dégustations de vin et des cours d’œnologie sont programmés au chai et dans l’hôtel particulier attenant, sous l’impulsion d’un jeune œnologue, Xavier, 30 ans, le fils de la Comtesse qui est vraiment passionné par son métier et respectueux de la tradition. « Nous avons démarré il y a cinq ans et nous avons présenté notre premier millésime en 2008. Je suis un œnologue heureux et fier de notre mini-production locale. Cela marche plutôt bien pour nous car les gens sont motivés pour mieux connaître les secrets de la culture de la vigne, de la dégustation et l’historique des vins en Ile-de-France. Bref, ils ne veulent plus boire idiots et se faire refiler n’importe quelle piquette à des prix prohibitifs. »
Un vin réputé jusqu’à la Cour de France
La tradition viticole en Ile-de-France remonte au Moyen-Âge et dépasse le folklore du prétexte à la fête autour du vin et de ses confréries. Les anciens – qui ont le gosier en pente comme on dit si bien – n’ont pas perdu la mémoire des vins franciliens et gardent la nostalgie des guinguettes et des bistrots qui les servaient alors sans modération. Robert se souvient d’avoir bu du vin de Cachan. « On en cultive encore quelques pieds de vigne à l’Haÿ-les-Roses. On en a replanté aussi à Bagneux en l986, à grand renfort de manifestations folkloriques. (…) Arcueil, ce fut aussi, jusqu’à la fin du 19e siècle, comme tous les villages avoisinants, un pays de vignobles« , écrit François Maspero dans son reportage sur la banlieue vue du RER intitulé « Les Passagers du Roissy-Express ». Et la présence de vignobles aux portes de Paris favorisait alors l’établissement de nombreux débits de boissons : on en comptait 150 dans les années 1900 rien qu’à Arcueil.
Christian Duteil
A suivre la semaine prochaine !
Stéphane, George et les autres
Hier soir, j’étais conviée à la dégustation annuelle du nouveau millésime (en l’occurrence le 2009) orchestrée par Stéphane Derenoncourt et ses associés, Frédéric, Julien et Simon.
Ces vignerons consultants conseillent différents domaines viticoles partout dans le monde et ce soir-là, la plupart étaient présents, venus présentés leurs vins.
J’arrive au George V, en retard.
- Comment cela en retard ?
- Oui cher lecteur. Je vous vois venir avec vos sarcasmes. Et bien en retard pour la simple raison que j’étais retenue prisonnière du bocal de LCI Radio.
Jacques dit que cela était écrit là-haut, et qu’il fallait que je fusse en retard.
Pour ce qu’il y a d’autre là-haut, je vous le raconterai une autre fois, car nous allons bifurquer dans un récit enchâssé et perdre le fil.
GV (prononcez J Five, comme les Jackson).
Je goûte les vins de Jean de Laître. Cet homme-là, charmant au demeurant, a créé un vignoble de toute pièce en 1990, Château Le Thil Comte Clary à Pessac-Léognan. Suave et plein, le 2009 me semble bien parti ! Conseiller pour d’autres propriétés, Jean me présente d’autres vins : la cuvée Emily de Monestier la Tour (Côtes de Bergerac), tout en moelleux, un Vrai Canon Bouché (Fronsac) frais, fin et long. Enfin un haut-médoc, Château Saint-Paul, qui pour ses 10 euros TTC, devrait ravir le plus grand nombre. Pour la petite histoire, le domaine appartient à la ciergerie de Lourdes… Bonne Nouvelle !
Autres vins : le rasteau Fleur de Confiance du domaine de la Soumade, un pur grenache puissant et voluptueux, d’une grande finesse de texture.
Enfin le quatuor (superbe !) du Comte von Neipperg et son pull négligemment noué autour du cou : Aiguilhe en Côtes de Castillon, et trois saint-émilions, Clos de l’Oratoire, Canon la Gaffelière et la Mondotte. Caon fut canon, large et dense, au grain très fin, long.
J’ai aussi aimé La Gaffelière pour sa finesse et son acidité montante avec une belle énergie, et la Connivence à Pomerol, pour son moelleux et son gros fruit mûr.
Suivit un dîner. Parmi les 75 vins qui s’offraient à nous, je fus sage et rive droite (pour changer…). La Mondotte 2003, un peu abrupt en finale à mon goût avec une légère amertume, Canon la Gaffelière 2000 en magnum, à la puissance étirée et affable, enfin Pavie-Macquin 1999, le plus complaisant peut-être ce soir-là, délicieux à boire, souple et bien construit.
Nous nous quittâmes à regrets, mais dès lundi, tout ce beau monde va de nouveau se croiser pour le bal des primeurs !
Tenez-vous donc prêt cher lecteur, car vous aurez bientôt de mes nouvelles…
Les vins pour JDM
Certains jours, une succession de petites choses, en apparence insignifiantes, font que tout bascule, d’un coup d’un seul, dans ce que nous pourrions appeler, proprement, une JDM, entendez, une journée de m…. (en cinq lettres, consonne, pas mieux). Certes, l’expression n’est pas des plus élégantes, néanmoins je crois qu’elle parlera au plus grand nombre. (ça c’était l’introduction).
Développement :
Lorsque donc les cieux déchaînent leur courroux – en ce moment, je relis toutes les tragédies de Racine, et ça sonne curieusement très moderne, par exemple comme lorsque Oreste aime Hermione qui aime Pyrrhus qui aime Andromaque qui aime Hector, mais qui n’aime pas Oreste, pas plus que Pyrrhus d’ailleurs mais Hector est mort, d’où le désarroi. Ou lorsque Néron trouve sa mère trop reloud et que Bérénice se fait jeter sévère.
Bref, toujours d’actualité. Lisez jeunes gens.
Lorsque donc « tout m’afflige et me nuit, et conspire à me nuire », moi je dis qu’il ne faut pas baisser les bras, comme Jésus sur la Croix.
Ainsi donc, voici les ingrédients d’un renversement vapeur de JDM en jour de joie :
- un petit verre de blanc pour le peps, genre muscadet, ça réveille
- des bulles pour remettre les gaz
- un rouge pour se remettre d’aplomb.
Tenez pas plus tard que lundi soir, j’ai goûté un saint-émilion 2006, l’Archange (pour Saint-Michel, le guide des âmes élues vers le paradis). 1,20 ha sur le secteur des grands crus, mais pas classé comme tel car le vin est vinifié sur Lalande-de-Pomerol et non sur place… Bref, Pascal Chatonnet, le propriétaire, réalise là un très beau merlot, fin et équilibré.
- enfin un grand verre de liquoreux pour apaiser le tout, franchir la ligne (jaune) en douceur et se laisser porter.
Et vous, quelles sont vos solutions de sortie de crise ? (de nerf, de foie, de foi… )
(j’ai emprunté cette illustration au site de Quinquabelle, de façon tout à fait cavalière ; rendons donc immédiatement à Quinquabelle ce qui lui appartient ici)
Le feuilleton du printemps !
A suivre….
Chaque week-end pendant 6 semaines, je publierai un épisode du feuilleton du printemps sur le vignoble d’île-de-France.

Une saga écrite par Christian Duteil, philosophe, journaliste et écrivain qui m’a fait la gentillesse de me prêter ses écrits pour les colonnes picrocolines…
Ouvrez l’oeil, le lap-top et une bouteille aussi tant que vous y êtes.
(oui, vous avez parfaitement raison, cette photo n’a absolument rien à voir avec le sujet si ce n’est que c’est aussi un feuilleton. Et alors, je fais ce que je veux non ?)
Et rien que pour vos oreilles, séquence émotion :
[audio:http://www.picrocol.com/w/wp-content/uploads/2010/03/Magnum1.mp3|titles=Magnum]
Buzz Vins
Tendez l’oreille sur LCI radio, à partir de vendredi.
J’animerai l’émission Buzz Vins avec le mythique Thierry Desseauve. Et cette fois-ci il m’a laissé en placer une, non mais !
Nous aborderons le cas du millésime 2005, avec la non moins mythique Angélique de Lencquesaing (je rappelle que le « s » entre deux voyelles se prononce « ze », c’est dit), du site www.idealwine.com. Nous vous ferons découvrir l’appellation coteaux du Tricastin, répondrons à une question d’auditeur et pour clore en beauté ces trente minutes d’antenne, Jean-Michel Peyronnet expliquera le projet de chaîne câblée sur le vin, Edonys.

Buzz Vins est une émission proposée par LCI Radio et Bettane&Desseauve, animée par Anne Hudson ou ma pomme avec Michel Bettane et/ou Thierry Desseauve. Cette émission est diffusée en ligne sur les sites web LCI Radio (mardi à 15h00, vendredi à 12h00, samedi à 10h00 et 16h00, dimanche à 12h00) et www.bettanedesseauve.com.
Applications iPhone et Androïd !
Un chasselas chasse l’autre
Hier soir j’étais de sortie. A la Maison de l’Aubrac si vous voulez tout savoir. Non pas pour le Caen-Angers (2-2) qui se jouait ce soir-là sur les deux écrans de la grande salle, mais pour une dégustation organisée par quelques vignerons et leur agent. D’accord, je suis arrivée à la fin, mais je ne pouvais pas faire autrement.
Bon cessez de me poser toutes ces questions et laissez-moi en venir au fait.
Je salue mon ami Roger Mézy, du Clos des Augustins (un très bon Pic Saint-Loup que je vous recommande) et 15° ouest plus tard, me voilà devant Jonathan Pabiot, vigneron « artiste » aime-t-il préciser, à Pouilly-sur-Loire. J’avais déjà goûté ses vins, même endroit même heure, 365 jours plus tôt.
Ce que je n’avais pas encore goûté en revanche était son chasselas 2009 : un cépage fort oublié, arraché au profit du sauvignon. Et c’est bien dommage. Le jeune homme s’échine à le réhabiliter, sauvegarde du patrimoine oblige, et en extrait 600 bouteilles. Autant dire une bagatelle.
Ruez-vous donc sur ce fringant blanc, à la fois floral et charnu, bien croquant de fruit, avec du peps.
Pour à peine plus d’un billet de 5 euros, vous voilà à la tête d’une petite rareté !
Domaine Jonathan Pabiot
Les Loges – 58150 Pouilly-sur-Loire
Tél. : 03 86 39 01 32











